Le Pavillon du papier


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Le Dorohedoro, un sport révolutionnaire.

02/03/2011 18:45
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Dans le monde actuel, le sport est présent sous d'innombrables formes, passant du travail d'équipe aux performances personnelles, que ce soit sur terre, air ou mer, capable donc de satisfaire aux attentes des exigences les plus farfelues, et peut même plaire aux fainéants (des gens comme moi) à travers des compétitions auxquelles l'on peut assister, méthode grâce à laquelle un grand nombre de sports est devenu incontournable dans la vie courante d'une bonne partie de la population, que ce soit dans sa pratique ou sur le petit écran. Hélas, il existe également des sports injustement oubliés, presque inconnus, dont le citoyen lambda n'en a rien à cirer, ne serait-ce que par son nom (Dorohedoro ? C'est un concours de fumeurs de champignons ?) ou par son manque de publicité.



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Il a un symbole original pourtant.



Et pourtant, il ne s'agit pas d'un sport qui nécessite un matériel extrêmement onéreux ni compliqué. Il vous suffit en effet de vous procurer une collection de manga seinen éditée chez Soleil Manga, bien qu'elle soit encore en cours d'expansion (vous permettant de faire durer le plaisir) et plutôt difficile à trouver, et votre coin lecture préféré. Vous voilà donc paré pour plonger dans l'un des matches les plus étranges, violents, noirs et pourtant brutalement joyeux qui n'aient jamais existé.



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Les joueurs principaux. Ensemble pour la photo.



L'histoire narre la lutte entre certains habitants d'Hole, une ville qui ressemble plus ou moins à Paris après que les pigeons ont pourri le climat (ce qui devrait arriver bientôt), et certaines personnalités du monde des Mages, personnages capables de projeter de la fumée possédant de multiples effets qui dépendent de la personne.

Le "héros", si l'on peut dire, s'appelle Caïman, a une tête de crocodile (tiens, je me demande pourquoi je n'ai pas été nommé babouin ?), est amnésique et est devenu immunisé contre la magie. Convaincu que son état est l'œuvre d'un mage, il se met à jouer, en compagnie de son amie Nikaïdo, à « la chasse aux Mages », l'un des nombreux jeux qui constituent Dorohedoro, dans l'espoir de trucider celui responsable de sa malédiction afin de recouvrir sa mémoire et de retrouver une tête humaine.

Néanmoins, il finit par attirer l'attention d'En, un maffieux plutôt paternel fanatique des champignons (ah zut, ceux qui ont été rebutés par le nom n'avaient pas totalement tort en fait) avec une coupe qui ferait pâlir de jalousie les hérissons, qui charge ses subordonnés Shin (portant un masque représentant un cœur) et Noi (une grosse brute, emphase sur "une") de jouer au « sus au croco »*.

Et c'est ainsi que démarre un match dantesque mais farfelu entre l'équipe de Caïman, qui aimerait bien vivre une vie pépère, sans tête de crocodile si possible, et celle d'En, qui voudrait bien vivre une vie pépère, sans menace contre ses subordonnés si possible.



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Totalement règlementaire.



Bien sûr, ces deux équipes ne seront pas les seuls compétiteurs, et en plus de nouveaux joueurs dans chacune des équipes (une mention spéciale à Jonson, un cafard géant qui sait dire « Diantre ! », je jure sur la tête de croco que c'est vrai), des challengers, des équipes illégales et même des organisateurs participeront à l'affrontement, qui se voudra plutôt brutal, mais toujours dans la bonne humeur.

Il est bien entendu que l'histoire ne se focalise pas uniquement sur ces matches. De ce fait, on assistera également à quelques épisodes de la vie quotidienne de toutes les équipes, qui peuvent aussi bien être constituées d'une scéance au cinéma du côté des joueurs de l'équipe d'En, que d'apprendre à préparer des gyôzas chez l'équipe de Caïman, le tout bien sûr dans la bonne humeur et l'humour noir. On ne manquera pas également quelques jeux divers en solitaire qui permettront de d'occuper les joueurs si un match est reporté.



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Une pause casse-croûte entre deux matches.



En conclusion, Dorohedoro est un manga, ou sport (auquel cas on oubliera pas d'ajouter un "le" devant), très original qui se transcende des éternelles notions de gentils contre méchants et met en scène des personnages farfelus, qui ne font chacun que défendre leur équipe/intérêts, le tout arrosé d'une bonne dose d'humour fumée noire et de joie parfumée aux gyôzas.

Qu'attendez-vous donc pour vous adonner à ce sport burlesque ? Diantre !

*Ceci n'est absolument pas un appel à la cruauté envers les animaux, du moins pas techniquement. La Société Protectrice des Animaux est donc priée de reposer ses procès.



Dark Link

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

02/03/2011 18:38
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Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Mary Ann Shaffer a commencé à s'intéresser aux îles anglo-normandes en 1976 lorsque sur un coup de tête elle prend l'avion pour rejoindre le Guernesey, où elle reste coincée à cause d'un épais brouillard. Durant son séjour forcé elle devore un ouvrage sur le Jersey, à cette occasion elle se decouvre une veritable passion pour cette île. "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" est son unique roman, écrit en collaboration avec sa nièce Annie Barrows (écrivaine pour enfant).
Mary Ann Shaffer est décédée en Février 2008, après avoir appris que son roman sera publié et traduit en plusieurs langues.

Avis

La narration épistolaire de ce livre m'a attirée dans un premier temps, puisqu'elle permet de changer de narrateur régulièrement, chose que j'apprécie particulièrement. Malheureusement l'auteur n'a pas su différencier/caractériser certains de ses personnages, de sorte que nous nous retrouvons parfois face à un courrier sans vraiment réussir à trouver de qui il vient. Je trouve dommage d'être obligée de vérifier qui écrit à qui pour savoir quel personnage s'exprime. Je reconnais tout de même que d'autres personnages sont facilement identifiables et que l'auteur a su rendre attachant l'intégralité des protagonistes (si si, même Miss Adelaide Addison).
Vendu dans un "point relay" à la gare, sans être un grand roman, c'est assurément une agréable surprise !

Liloo

Bakuman, la version anime

05/01/2011 21:31
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Bakuman, c’est le titre du deuxième manga sorti en 2009 du duo Tsugumi Oba et Takeshi Obata, qui ont pondu Death Note et sa fin très controversée. Alors quand on se rend à la librairie et qu’on se fait sauvagement agressé par un “PAR LES AUTEURS DE DEATH NOTE” souligné en gras et écrit sur un autocollant fluorescent avec comme l’impression de dire “Tu l’achètes ou ça veux dire que tu piges pas les bons mangasses”, le lecteur lambda fan de manga populaires n’a pas réellement l’envie de se le procurer, car on ne marche pas deux fois sur les couilles d’un aveugle, ou alors sur celles d'un fan de Death Note.

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Une brève introduction pour ceux qui ne le connaissent pas : Mashiro est un garçon de 14 ans, vivant sans but, n’espérant pour son futur que devenir un simple salaryman (homme de bureau), il possède pourtant un don inné pour le dessin. Takagi quant à lui est promu à un beau parcours, étant premier de classe. Mais ce dernier n’a qu’une seule idée en tête : devenir mangaka. Après leur rencontre inattendue, Mashiro sera donc le dessinateur et Takagi sera le scénariste. Ensemble, ils auront comme objectif ultime d’avoir leur propre anime avant leurs 18 ans.

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"Ce n'est pas un Death Note au moins ?" dit Takagi en découvrant le cahier de Mashiro...

Donc ici, pas d’intello maléfique qui veut être le “Dieu du nouveau monde” avec un cahier de la mort qui tue et qui passe son temps à tout prédire en jouant au chat et à la souris avec un hippie dépressif mais qui a néanmoins la classe, mais bien deux adolescents normaux avec de la motivation, qui auront des rivaux qui deviendront leurs amis et aussi leurs propres petits soucis de la vie, on aurait presque envie de les huer tellement ce synopsis semble banal. Pourtant, derrière ce nom de superhéros, Bakuman n’est pas seulement un manga sur le manga, c'est aussi un véritable combat enduré par deux adolescents dans ce monde où tout le monde mène une vie de mouton. Comprenez par là que j’ai beaucoup apprécié ce manga, qui prouve que Tsugumi Oba n’a pas besoin d’éléments fantastiques pour faire un bon manga. Fin de la parenthèse sur la version livre.

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Fuuuuu-Sion !

En 2010, Bakuman est alors adapté en anime de 25 épisodes, non pas par le studio Mad House (La traversée du temps, Summer Wars, Gunslinger Girl, Claymore et plein d’autres séries) comme pour Death Note, mais cette fois-ci par la J.C Staff. Première déception dés le premier épisode, on est surpris, voire déçu, par le drôle de design des personnages au niveau des yeux écarquillés et du nez. J.C Staff nous avait pourtant habitué à beaucoup mieux. (Shakugan no Shana, To Aru Majutsu no Index, Toradora!,...). Heureusement, Bakuman se rattrape du côté “manga”, je veux parler des épisodes où l’on voit les planches au crayon, l’encrage, etc. Ces parties sont très travaillées et intéressantes et donne un côté documentaire a Bakuman. Côté seiyû (doubleurs), la voix des acteurs collent parfaitement à celles des personnages, rien à dire là-dessus, ils ont fait du bon boulot. La bande-son de l’anime est composé de mélodies à la guitare et d’autres pistes très “rock”, qui donnent un côté assez "école" à l’anime puisque ce dernier reprend –comme le manga- beaucoup de scènes sur l’encrage, les trames ou encore le script.

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On se croirait presque en train de lire un manga, vous ne trouvez pas ?

Mais l’opening reste la seule et unique chose que je ne peux pas m’empêcher de sauter puisqu’on nous a servi une chanson avec comme nom “Blue Bird” (certains l'appellent "OPENING DE GAY !") et avec des paroles comme “Regarder vers le haut dans le ciel”, “Ranger tout ce qui lui est important dans son cœur”, “Your love”, “Le bonheur ne peut être décrit par une couleur”, etc. Bref, aucun rapport avec l’histoire à part peut-être la relation entre Mashiro et Azuki, l’héroïne de la série qui rêve de devenir seiyû. Encore une fois, J.C Staff se sauve avec un ending vraiment très entraînant (Bakurock - Mirai no Rinkakusen) et très “djeun”, même si les paroles n’ont encore une fois presque aucun rapport avec Bakuman.

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Les manga célèbres ne sont pas mis de côté dans l'anime.

Alors au final, qu’est-ce qu’apporte l’anime de Bakuman ? Eh bien pas de grands changements par rapport à la version papier, si ce n’est quelques scènes en plus. Néanmoins, cela reste un anime agréable a regarder, sans non plus être quelque chose qui va devenir culte. L’œuvre originale est bien respectée, c’est l’essentiel, et on passe un bon moment devant chaque épisode, c'est certain.

DeathZ

L'Accablante Apathie des Dimanches à Rosbif

05/01/2011 21:27
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http://www.bdgest.com/critiques/images/couv/71354.jpg




Je m'appelle Brice Fourrastier, avec deux « r », comme dans «marrant», mais à «mourant», y en a qu'un. J'ai quarante ans et je n'irais pas plus loin…


D’un synopsis qu’on dirait sorti de la « nouvelle bande-dessinée », celle qui utilise le noir et blanc, les petits traits bobos et le récit intimiste genre tranche de vie qu’on n’a rien à carrer, le scénariste Gilles Larher réussit le tour de force de surpasser cette impression en donnant un souffle tout autre à son histoire. Racontant le rapport à la maladie et la mort d’un comique virulent et acide, le susnommé Brice Fourrastier, L’ACCABLANTE APATHIE DES DIMANCHES À ROSBIF n’a aucune prétention de retranscrire une certaine réalité, d’être un outil (auto)biographique dont la valeur en tant que bande-dessinée serait inexistante et ne servirait qu’à masquer l’incompétence du scénariste pour l’écriture d’un roman.
Bien au contraire, L’ACCABLANTE APATHIE… est une fiction dont la qualité suprême est justement de sonner juste. Juste non seulement du point de vue intime de Brice Fourrastier, dont les peurs et les envies sont d‘effroyables questionnements emplis d’humanité, mais aussi du point de vue public du personnage. Comique de profession, Gilles Larher évite de faire comme un scénariste fainéant en n’évitant justement pas de nourrir son récit avec des extraits – littéralement ! – des sketchs de Brice Fourrastier. Là où la chose force le respect, c’est de voir que Larher a la capacité du caméléon pour donner l’impression de faire parler réellement son personnage, lequel a un talent évident pour l’humour grinçant. Comble du comble, les quelques extraits du spectacle fictionnel de Brice valent sans doute plus que tous les spectacles de beaucoup de comiques actuels.
Cette réussite s’explique en grande partie par le modèle choisi par Larher pour créer son personnage, aussi bien du côté artistique que personnel, à savoir l’immense Pierre Desproges. A ce niveau, personne ne doit être sans savoir que cet artisan de l’humour figure parmi les icônes indétrônables du Panthéon pavillondesfouaires au même titre qu’Alain Damasio, et donc que le mentionner est sine qua none à prouver que quelque chose est très bien. A moins que ce ne soit pour citer l’une de ses répliques acides pour enfoncer les coiffeurs, les sportifs ou le stérilet de ma belle-sœur, mais passons.
L’œuvre parvient à ce titre à trouver un équilibre entre pathos naturel de la situation (ça parle de la mort tout de même !) et ton comique forcément désabusé et admirablement drôle.

Concernant le trait de Sébastien Vassant, bien loin d’offrir un déluge visuel saisissant, sa simplicité, sa pudeur et sa remarquable maîtrise renforcent l’ambiance doucement aigre du récit. Le noir et blanc s’impose comme un choix tout à fait logique, peu surprenant mais au moins très efficace. Comme dirait l’autre, ça fait très « truc poétique à la con avec plein de petits traits », ça a le mérite d’être très bien fait donc on ne s’en plaindra pas.

Une très bonne bande-dessinée, pas forcément joyeuse mais pas non plus déprimante (et ce même dans le final qui tire nécessairement sur la corde émotionnelle !).


Leto

L'Ecume des jours

08/12/2010 10:38
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Son nénuphar c’était L’Ecume des jours, de Boris Vian. Il avait entrepris de le lire un soir d’ennui, parce que comme l’avait dit un grand philosophe, l’ennui porte conseil ; et on lui avait conseillé de s’ennuyer, ainsi il serait plus à même de ne plus l’être. Il avait lu toute la nuit, et il s’était ennuyé malgré tout. Grossier soupir !

En somme, se disait-il, je l’ai sans doute lu trop tard, c’est un livre avec une date de péremption, ou alors il ne portait plus trace de poésie en lui. De poésie, mille sottises ! Au fond, en vrac, à la surface, il est question de sujets tels que l’amitié, un peu, unilatérale, de sorte qu’on puisse disserter vingt lignes, d’usine – c’est-à-dire de travail –, de maladie, de superficialité, du culte de la personnalité – mais c’est égal –, sans oublier l’amour, sous trois formes, s’il vous plait.

Il pensait que c’était un livre correct, et du reste, il n’avait lu aucune des analyses s’y afférant, mais il était en tout d’accord avec elles. Il pouvait dire avec certitude, et quelque moquerie ironique, que Colin était l’ami de Chick, mais pas le contraire, que Chick était trop dévoué à Partre, le littérateur tendance du moment – mais s’intéressait-il vraiment à lui, ou s’intéressait-il davantage à son personnage ? –, donc que Chick était superficiel. Il pouvait aussi affirmer que la métaphore était transparente, que l’écume c’est de la bave, en définitive, et que si l’eau est une ennemie, c’est parce que l’écume ne peut s’accrocher qu’à elle. D’une manière, c’était un livre d’horreur, une tragédie comique comme on a tendance à dire, l’humour étant là, à chaque coin de phrase. Il croyait alors que la poésie était un peu surfaite, que la toux de Chloé c’était un brin la bave des jours, mousse collée à l’eau, source de mort. Et pourtant, tout le monde aime ça, l’eau – vous savez ?

Puis, il avait oublié d’évoquer la religion et le travail. La religion c’est drôle : Dieu, ou Jésus, mais qu’importe, ne se déplace pas sans kopecks à l’appui. Le travail, n’en parlons pas. Tous des machines sans personnalité, absurdité sans nom, hiérarchie sans consistance ni intérêt. Et voilà l’heure où il répand la joie, dans une lueur sombre au matin. Et voilà l’heure où la souris s’agite, et où le chat miaule. Et ils discutent ; et voilà le lieu du rideau final !


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